Les acteurs de la filière porcine en alerte contre l’émergence d’une nouvelle maladie

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Le réseau caribéen de santé animale (CaribVET) encourage l’ensemble des acteurs de la filière porcine de toute la Caraïbe à prendre toutes les précautions pour prévenir l’introduction d’une maladie virale, la Diarrhée Porcine Epidémique (DEP) présente sur le continent américain.

La DEP a déjà été répertoriée en Europe et en Asie, mais depuis sa première identification aux Etats-Unis en avril 2013, la maladie s’est étendue rapidement à 27 Etats, au Canada, puis en Colombie, au Mexique et en République Dominicaine. Les analyses génétiques révèlent que l’épidémie est due à une nouvelle souche hautement pathogène, proche d’une souche chinoise qui a émergé il y a 4 ans.

La DEP cause des diarrhées sévères, des vomissements et la déshydratation des porcs de tout âge, avec une mortalité très élevée – jusqu’à 100% chez les porcelets sous la mère. La DEP affecte uniquement les porcins et ne touche pas d’autres animaux, ni l’homme ; elle ne pose donc pas un problème de sûreté alimentaire. Cependant, un foyer de DEP peut avoir de sérieuses répercussions économiques sur l’ensemble de la filière porcine à cause des très fortes mortalités chez les porcelets.
Une fois infecté, un animal malade peut déclarer les premiers symptômes dès les 24 à 36 premières heures. Le virus de la DEP est propagé exclusivement par les matières fécales, par contact avec des surfaces contaminées ou par des porteurs comme des animaux ou des hommes se déplaçant d’une ferme à l’autre.
Comme la DEP présente des signes cliniques très proches de ceux de la gastro-entérite Transmissible (GET), une maladie commune due à un autre virus (TGE). Le diagnostic de la DEP doit être effectué au laboratoire sur des échantillons (fèces, intestins) prélevés sur des animaux malades. Les animaux qui ont été infectés ou vaccinés contre la GET ne sont pas protégés contre la DEP. Un vaccin est actuellement en cours de développement et de test.

La meilleure protection contre cette maladie reste la vigilance accrue et la mise en place des mesures de biosécurité préventive sur l’ensemble des élevages. CaribVET rappelle aux éleveurs de prendre toutes les précautions pour nettoyer et désinfecter les véhicules entrant dans les élevages. Les vêtements, bottes et tout autre équipement doivent être changés entre les lots d’animaux. Des précautions particulières doivent être prises lors de l’introduction de nouveaux animaux dans l’élevage. Si les éleveurs détectent le moindre signe de DEP sur leurs cochons, ils doivent immédiatement les reporter aux autorités vétérinaires.

De concert avec les autorités sanitaires de l’ensemble des pays de la région et avec l’appui d’organisations internationales comme l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE), CaribVET, travaille à mettre en place un ensemble de protocoles pour la protection de la filière porcine contre cette menace et à informer l’ensemble des acteurs de la région de la situation de la DEP.

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