Monographie

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Définition: 

La tuberculose est une maladie infectieuse, bactérienne, contagieuse, transmissible à l’Homme et à de nombreuses espèces animales, caractérisée cliniquement par une évolution chronique et un grand polymorphisme. Elle se définit par des lésions  inflammatoires de type granulomes nodulaires: les tubercules.

Zoonose majeure: il faut cependant distinguer tuberculose zoonose à Mycobactérium bovis et tuberculose interhumaine à Mycobactérium tuberculosis, responsable de la majorité des cas de tuberculose humaine.

Fléau de l’élevage bovin provoquant: pertes laitières, dévalorisation des carcasses et abats (saisies d’abattoirs), arrêts de croissance et d’engraissement, troubles de la reproduction, pertes des jeunes animaux, entraves à l’exportation.

Situation dans les Amériques: 

Déclarée à l’OIE, en 2004, par les pays suivants: Argentine, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, République Dominicaine, El Salvador, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, USA, Uruguay, Venezuela.

Espèces sensibles: 

Toutes les espèces de vertébrés domestiques et sauvages, y compris l’Homme peuvent être atteintes par les bacilles tuberculeux.

Agent pathogène / éthiologie: 

Les bacilles tuberculeux sont des bactéries de l’ordre des Actinomycétales, de la famille des Mycobacteriaceae, et du genre Mycobacterium.

Ils regroupent de nombreuses espèces, ubiquitaires très résistantes, non pathogènes, et quelques unes pathogènes pour l’Homme ou les animaux, posant alors des problèmes de diagnostic.

Mycobacterium bovis est constitué d’un pseudomycélium rudimentaire formant des petits bacilles immobiles, aérobies stricts, acido-alcoolo-résistants, dont les conditions optimales de croissance sont : T° = 37°C, pH = 6-6,5.

      • Mycobacterium bovis: agent habituel de la tuberculose bovine.

Il touche les bovins et autres herbivores mais aussi le chat, et dans une moindre mesure, le chien et l’Homme.

      • Mycobacterium tuberculosis : agent habituel de la tuberculose humaine. Il touche l’Homme, le chien, et dans une moindre mesure le chat, les ruminants, et les oiseaux d’ornements.

      • Mycobacterium avium : agent habituel de la tuberculose des oiseaux. Participation importante à la tuberculose du porc.

Mode de transmission
objectifs et organisation
Sources: 

Les individus tuberculeux (homme ou animal) constituent une source de bacille importante et présentent une excrétion précoce, durable, en grande quantité, irrégulière dans le temps.

 

Les individus infectés latents, porteurs et excréteurs de germes, sont beaucoup plus nombreux que les malades avérés et sont responsables d’une propagation insidieuse de l’infection.

Matières virulentes:

      • Jetage, salive, expectorations constituant des aérosols

      • Lait, excréments (oiseaux), urines (carnivores), sécrétions génitales

      • Organes et ganglions présentant des lésions tuberculeuses

      • Sang: en phase de bactériémie (rare, transitoire), lors d’épisodes aigus

      • Muscles et viandes: saisies d’abattoir réalisées selon les nœuds lymphatiques atteints.

Facteurs de réceptivité et de sensibilité

Plus grande sensibilité des vaches exotiques laitières que des races locales ou croisées, en zone d’élevage extensif.

L’état de stress des animaux (lactation, gestation, surmenage, etc.) peuvent favoriser l’expression clinique de l’infection.

Transmission: 

Directe: cohabitation, ingestion de lait virulent par le veau, contamination vénérienne.

Indirecte: par l’intermédiaire des locaux, aliments, eau contaminés, etc.

Existence d’une transmission Homme - Animal.

Mode de contamination: 

Contamination de l’animal:

Par voie respiratoire principalement.

Autres voies: digestive, génitale, percutanée, mammaire, congénitale.

Contamination de l’Homme:

L’Homme se contamine par voie respiratoire (inhalation d’aérosols infectieux) et par voie digestive (consommation de lait cru infecté).

Symptômes: 

Evolution lente, chronique, sur plusieurs mois voire des années. Quelques poussées aiguës aggravant l’évolution.

Les symptômes passent inaperçus pendant une longue période où l’animal tuberculeux paraît en parfaite santé. En fin d’évolution : atteinte de l’état général, mais signes peu caractéristiques.

Incubation: longue, supérieure à 2 mois.

Atteinte de l’état général:

      • Jeunes: croissance irrégulière et tardive, aspect chétif

      • Adultes: mauvais état général lors d’atteinte grave (abattement, maigreur, atrophie musculaire, poil piqué, météorisation, diarrhée, cachectiques, augmentation de la T° avec évolution, anorexie progressive, arrêt rumination, mort

Autres symptômes: peu caractéristiques en dehors de quelques localisations bien particulières.

      • Pulmonaire : La plus fréquente (80% des cas). Asymptomatique puis difficultés respiratoires, toux, jetage jaunâtre fétide.

      • Intestinale: Beaucoup plus rare. Asymptomatique ou entérite chronique.

      • Mammaire: A un stade avancé, hypertrophie, aspect dur, bosselé.

      • Génitale: métrite chronique chez la femelle, orchite chez le mâle.

Ces quatre localisations sont les plus dangereuses en termes de transmission. Il y a en effet une excrétion massive de bacille tuberculeux dans le jetage, le lait, les fèces, la semence, le pus.

     • Autres localisations: séreuses, foie, rate, nœuds lymphatiques (trachéobronchiques, rétropharyngiens, médiastinaux surtout), os, méninges, muscles. Adénopathies tuberculeuses constantes.

Lésions
objectifs et organisation
Lésions macroscopiques: 

En fonction de leur caractère circonscrit ou diffus on observe trois types de lésions tuberculeuses.

- Tubercules: granulomes nodulaires.

En début d’évolution, ils sont gris et translucides, en tête d’épingle, puis ils grossissent, leur centre devient caséeux, se calcifie progressivement.

En fin d’évolution la lésion d’enkyste prend un aspect fibreux.

- Infiltrations: lésions diffuses exsudatives étendues à l’organe atteint (poumon)

- Epanchements: dans les cavités séreuses, associés à pleurésie, péricardite, péritonite. Exsudat inflammatoire, séro-fibreux ou séro-hémorragique riche en cellules lymphocytaires.



Lésions microscopiques: 

- Tuberculous follicle: basic, specific lesion. Homogenous necrotic centre (caseous material). Lesion evolution: calcification of caseous material with peripheral fibrosis.

Diagnostique
objectifs et organisation
Diagnostique clinique: 

Il est difficile et insuffisant.

Animal vivant: infection inapparente fréquente, absence de spécificité des symptômes, tests de laboratoire nécessaires.

Autopsie ou abattoir: mise en évidence de lésions macroscopiques (tubercules) ou microscopiques (follicule tuberculeux) suffisamment spécifiques pour garantir le diagnostic.

Diagnostique différentiel: 

Bovins: actinomycose, actinobacillose (lymphatique, pulmonaire, osseuse), polyadénites banales, leucose lymphoïde, brucellose génitale, tumeurs des séreuses.

Ovins – Caprins: bronchopneumonie par strongylose, hépatites parasitaires, maladie caséeuse à localisation lymphatique pulmonaire ou hépatique.

Porcins: adénite caséeuse cervicale à [i]Corynebacterium[/i] pyogènes, bronchopneumonies abcédées, ostéomyélites vertébrales purulentes secondaires à de la caudophagie.

Equins: strongylose, échinococcose, tumeurs, bronchopneumonie, hépatite peuvent mimer une tuberculose. Le diagnostic différentiel est très difficile. Le diagnostic de laboratoire s’impose.

Diagnostique de laboratoire: 

      • Mise en évidence de l’agent pathogène

Histologie:] Par la technique de coloration de Ziehl-Neelsen, mise en évidence d’un nombre variable de bacilles acidorésistants, intracellulaires, pléomorphes au sein de tubercules.

Bactérioscopie: A partir de calques ou broyats d’organes tuberculeux. Méthode de Ziehl Neelsen (coloration révélant le caractère acido-alcoolo-résistant) ou méthode à l’auramine (absorption de fluorochromes par les mycobactéries).

Culture: prélèvements souillés (flore saprophyte) décontaminés. Colonies à croissance lente (jusqu’à plusieurs mois). Frottis, coloration. Identification : propriétés culturales +/- en présence d’inhibiteurs, activité enzymatique, analyse des acides mycoliques de la paroi bactérienne.

Identification: hybridation directe avec une sonde ADN spécifique, amplification par PCR

Typage des souches de M. bovis: Electrophorèse en champ pulsé (profils de restriction), analyse de polymorphisme de longueur des fragments de restriction, spolygotyping.

      • Diagnostic immunologique

Mise en évidence de l’immunité cellulaire:

In vivo par intradermotuberculination, in vitro par détection de l’interféron gamma.

Mise en évidence de l’immunité humorale :

Par test ELISA.

Traitement: 

Traiter la tuberculose animale est hasardeux et dangereux. C’est à proscrire. En effet, le traitement serait coûteux et ses résultats aléatoires, mais surtout l’emploi de produits antimycobactériens chez l’animal risquerait de sélectionner des germes résistants, redoutables pour la santé humaine.

Prophylaxie: 

Necessary for two reasons:

- Hygiene: to eliminate sources of contamination for man

- Economic: reduce losses for farmers

Several countries are aiming to eradicate the disease with simultaneous action for "tuberculosis infection" and the "tuberculosis disease".


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