3ème réunion du groupe de travail Tiques et Maladies transmises de CaribVET, Guadeloupe, Nov 2013

Version imprimableSend by emailversion PDF

Un nouveau projet, ResisT, financé par le Fonds de Coopération Régionale, vient d’être lancé sur la thématique des tiques et de leur résistance aux acaricides. Le projet se donne deux ans pour mieux connaître la situation et tester des solutions à ce problème qui préoccupe les éleveurs, les vétérinaires, les chercheurs et le groupe de travail « Tiques et maladies transmises » du réseau caribéen de santé animale, CaribVET. A l’occasion de son lancement, ce groupe de travail s’est réuni en Guadeloupe du 26 au 28 novembre.

Kick Off Meeting of FCR ResisT project & 3rd T&TBD WG meeting

« ResisT » : diagnostiquer les résistances des tiques chez les bovins

De plus en plus de professionnels de l’élevage sont inquiets face à la diminution de l’efficacité des acaricides sur les tiques suggérant le développement possible de résistances. Un nouveau projet coordonné par le Cirad, dénommé « ResisT », cherche à évaluer la résistance de la tique créole aux acaricides dans les Petites Antilles et à proposer des méthodes de lutte alternatives et raisonnées pour améliorer la surveillance et le contrôle des maladies transmises par les tiques. Il a été lancé le 26 novembre dernier en Guadeloupe, en présence des représentants de l’Etat français (DAAF de Guadeloupe et Martinique), des partenaires du projet et membres du groupe de travail « Tiques et maladies transmises » : représentants des services vétérinaires de la Caraïbe (Antigua et Barbude, Nevis, St Vincent et Grenadines, Barbade), d’experts sur les tiques et sur les phénomènes de résistance, des acteurs opérationnels de l’élevage en Martinique (Groupement de défense sanitaire) et en Guyane (IKARE) et d’un représentant des vétérinaires praticiens libéraux de Guadeloupe. C’est la première fois depuis la création de ce groupe de travail en 2009 qu’une réunion a lieu en Guadeloupe.

« En matière de stratégie de lutte intégrée, il est envisagé, par exemple, de tester l’efficacité de prédateurs naturels des tiques sénégalaises, comme les poules ou les dindons à Nevis », explique Jennifer Pradel épidémiologiste au Cirad, responsable du groupe de travail « Tiques » de CaribVET. « Concernant la tique créole, nous conduisons une étude de faisabilité pour la mise en place d’un essai vaccinal anti-tiques, dans des élevages pilotes en Martinique, afin d’évaluer son efficacité et son impact sur la réduction de l’utilisation des acaricides », poursuit Stéphanie Depraz, vétérinaire recrutée sur le projet.

Pour caractériser la résistance de la tique créole aux acaricides, les scientifiques en partenariat avec les groupements de défense sanitaire de Martinique et les vétérinaires, vont mettre en place au Cirad en Guadeloupe un test novateur élaboré en Suisse (Université de Neufchâtel et le centre de recherche en Santé Animale de Novartis). « Nos partenaires caribéens bénéficieront dans les deux ans de l’expérience développée aux Antilles françaises et les résultats du projet permettront de définir de nouveaux axes de recherche », précise Jennifer Pradel.

Parallèlement, une évaluation de l’impact des maladies transmises par les tiques sera réalisée pour mieux connaître la situation dans la région et des liens vont être établis avec d’autres régions faisant face à des problèmes similaires (Afrique de l’Ouest, Océan Indien). 

Le projet « ResisT » est financé par le Fonds de Coopération Régionale de Guadeloupe et de Martinique. Il est l’exemple d’un projet de recherche émanant directement de problématiques de terrain et des recommandations rapportées par le réseau de santé animale CaribVET, et un exemple type des interactions fortes existant entre la surveillance et la recherche.

3rd T&TBD WG

La tique créole - Rhipicephalus (Boophilus) microplus  est très répandue dans les zones tropicales et inter-tropicales, où elle est endémique. Elle peut transmettre deux maladies potentiellement mortelles pour les bovins : la babésiose, causée par des protozoaires, et l’anaplasmose, due à des bactéries. Seule une conduite d’élevage appropriée et une lutte raisonnée de la population de tiques permettent de contrôler ces deux maladies. Très handicapantes pour les éleveurs, elles sont une priorité pour le réseau de santé animal CaribVET. 

Dr. Oona Edwards, Chef des Services Vétérinaires d'Antigua, membre du groupe de travail Tiques et maladies transmises. 

Nouveaux sujets

Syndication